• Comment faire pour gérer toute cette violence

    Vendredi 16 Juillet 2010, ça fait à peine un jour que j'ai repris le travail. Le patron a décidé de s'en aller plus tôt que prévu, il n'était pas sorti de sa chambre depuis trois jours.

    Il s'assure vaguement que je me sente en état d'endosser toutes ses responsabilités, je le rassure en quelques mots. Il se sent inutile et préfère partir, puisque je lui ais prouvé que je pouvais très bien m'en sortir sans lui.

    13h, il fait sa valise et s'en va avec la voiture du foyer. Aucune idée de sa date de retour. Nous avons comme consigne de ne plus parler de travail au patron. Désormais il n'y a plus de patron, cette fois il a tout laché, il abandonne le navire qui coule et me laisse seule à bord avec une nouvelle stagiaire à charge.

    Matinée très chargée et pleine de contre temps. Nous courrons de partout, finalement nous atteignons l'objectif.

    14h/15h, nous attendons en vain un bus, aucun ne passe - nous n'aurons donc qu'une heure de pause au lieu des trois dont nous rêvions tant - nous sommes démoralisées.

    15h45, je passe à ma banque en tentant de renflouer mon compte en banque. J'ai un peu, beaucoup abusé ce mois-ci, il faut que je me calme un peu si je ne veux pas finir fichée à la banque de France et interdite de retrait. Là ce serait vraiment la fin du monde, surtout isolée là où je suis.

    16h45, hélas le vendredi les résidents rentrent plus tôt ... Nous n'aurons donc eu que quelques brèves minutes de pause, je suis hors service et démoralisée à l'idée de tout ce travail et ces charges que j'ai à porter ce soir.

    17h10, un bref renfort arrive, il ne restera qu'une heure, le temps pour moi d'aller chez le médecin en urgence avec un résident qui s'est foulé un doigt : le majeur. Il montre son doigt à tout le monde dans la rue et tous les gens croient à un bras d'honneur, j'ai l'air fine ...

    L'attente dans la salle est longue, très longue. Mon résident me répète sans cesse les mêmes phrases, les mêmes questions, je suis épuisée. Et le pire m'attends après.

    Pauvre stagiaire qui est restée toute seule avec mes résidents au foyer, et dire que ce n'est pas légal, mais nous n'avons pas pu faire autrement. Nous sommes en sous effectif et dans la merde, me voilà responsable de foyer jusqu'à la fin du mois. Et dire que j'en avais rêvé un jour, je crois que je vais en cauchemarder dès aujourd'hui.

    19h30, il faut à tout prix faire toutes les valises avant de manger car le départ des résidents est demain matin très tôt et je crains de ne pas arriver à obtenir leur coopération après manger.

    Je tente de faire plusieurs choses à la fois et me disperse. J'ai tout tenté mais je n'arrive pas à me couper en deux et j'ai peur de mes nouvelles responsabilités.

    Je me confronte à un résident qui subit un fort choc émotionnel : il a tout oublié, il ne sait plus ni manger ni boire ni parler ni se laver ou s'habiller tout seul. Il semble appeuré, je suis obligée de le tenir par la main pour qu'il sorte de sa chambre et vienne manger. Finalement je suis obligée de couper sa nourriture et de lui donner comme à un bébé. Difficile de ne pas paraître inquiète. Jamais vu ça de ma Vie.

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :