• Consolation

    Le téléphone sonne, une femme demande à lui parler.

    Je trouve ça étrange qu'il reçoive un appel, le téléphone n'a jamais sonné pour lui depuis que je suis arrivée ici il y a sept mois.

    Quelques minutes s'écoulent. Je n'entends plus sa voix.

    La porte s'ouvre.

    Il est éfondré. Il s'avance vers moi, me tend les bras les yeux en larmes. Le visage décomposé.

    Il me crie : " je vais pas bien, elle est morte ".

    Il s'éffondre. Je lui propose d'aller parler dans le jardin.

    Il s'avance vers moi pour que je le serre dans mes bras. Je ne peux refuser, pas dans ce moment là.

    Je me dis que ce n'est pas très professionnel, mais où est donc la barrière dans notre fondation ?

    Je ne peux pas le rejeter à cet instant où il tombe si bas. Je suis sa référente, son éducatrice, c'est à moi de lui parler et de lui expliquer qu'il était temps pour elle de partir.

    ça m'a rappelé des souvenirs. ça faisait longtemps que je n'avais pas annoncé un décès à quelqu'un.

    Dans ces moments là on ne sait jamais trop quoi dire. On espère ne pas être maladroit mais au fond quoi que l'on dise tout est toujours maladroit dans ces moments là où les mots sont en trop et où l'on attendrait juste un geste de tendresse.

     


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